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Le loup revient, protégeons-le !

Nom scientifique : Canis lupus
Famille : Canidés

Identification

Le loup est à l'origine de toutes les races de chiens domestiques. Il ressemble à un chien berger allemand, mais en plus gros et en plus puissant. Sa tête est plus large, sa poitrine est moins profonde, son cou plus épais, ses oreilles sont plus petites, moins hautes et plus écartées. Le loup a des oreilles et des yeux disposés légèrement en oblique. Ces signes le distinguent notamment du berger allemand. La longueur de la tête à la base de la queue varie entre 90 et 150 cm. Sa queue mesure environ 30 à 40 cm et sa hauteur entre 65 et 80 cm. Le mâle est plus lourd que la femelle. Il pèse de 20 à 80 kg et sa compagne de 18 à 50 kg.

Habitat

Le loup est capable de vivre dans toutes sortes de milieux, mais plus généralement, il fréquente les paysages plus ou moins ouverts : forêts claires ou denses, toundra, plaine et montagne (surtout là où on le persécute). Il s'abrite dans un ancien terrier, une petite grotte, des broussailles, entre des racines d'arbre, sous un rocher. Creuse parfois un terrier ou agrandit celui d'un renard roux ou d'un blaireau.

Mode de vie

Le loup est un animal social qui vit en meute, en couple ou seul selon l'habitat et le type de nourriture qu'il chasse. Selon l'abondance des proies, une meute peut parcourir 100 à 1 000 km2 et se déplace souvent à la file indienne. En Alaska, les grandes meutes peuvent compter jusqu'à plus de 30 individus. Par ses hurlements, la meute indique aux autres loups l'endroit où elle s'est arrêtée. La meute est régie par une organisation sociale très stricte, le couple qui l'a fondé se trouvant au sommet de la hiérarchie. Le mâle et la femelle dominants forment souvent un couple leur vie durant.

Le loup a des mimiques et des attitudes variées et complexes comme chez le chien domestique. En urinant, une patte levée, le loup affirme sa supériorité sur la meute et dans le territoire. Doté d'un odorat très fin, d'une bonne ouïe, il voit bien à petite distance, mais de loin il ne décèle que les mouvements.

En Europe, le loup est un animal surtout nocturne en raison des persécutions qu'il subit de la part de l'homme. Pourtant contrairement aux idées reçues, le loup n'attaque pas l'homme et sa présence peut être un formidable atout touristique pour les régions concernées.

Alimentation

Le loup est un opportuniste. Pour se nourrir, il chasse essentiellement des ongulés (Élan, renne, cerfs, chevreuil, sanglier, daim, mouflons, chamois, mouton) mais également des petits animaux de toutes sortes comme des lièvres des lapins, des rongeurs (castor) et des oiseaux. Il mange aussi des charognes et des ordures (par exemple en Italie).

Il chasse pour se nourrir et maintient ainsi un équilibre essentiel entre les grands herbivores et leur milieu naturel. Mais les moutons sont pour lui des proies plus faciles si les troupeaux ne sont pas gardés.

Reproduction

Le couple dominant, est le seul de la meute à se reproduire une fois par an. L'accouplement a lieu de février à avril (plus tard dans le nord) et les naissances se font de mars à mai après une gestation de 63 jours. La louve a une seule portée annuelle comportant de 3 à 7 petits, qui sont aveugles et dotés d'un pelage gris-brun. Ils sont allaités par leur mère pendant environ 2 mois. Le père participe à l'éducation en rapportant des proies à la famille. Les parents et les autres membres de la meute nourrissent et soignent les jeunes. Le mâle nourrit la femelle qui allaite. Les jeunes restent avec leurs parents au moins un an. Dès l'âge de trois semaines, les louveteaux quittent le gîte où ils sont nés ; mais ils ne s'émanciperont véritablement qu'à l'âge de six mois. Les jeunes âgés d'un à deux ans quittent la meute de leurs parents à la recherche de nouveaux territoires sous la pression des sujets dominants. Les loups atteignent la maturité sexuelle à l'âge de deux ans, mais ils se reproduisent plus tard en raison des contraintes sociales.

Espérance de vie

En captivité, le loup a une espérance de vie de 15 à 20 ans, mais beaucoup moins dans la nature. Il existe une mortalité élevée chez les jeunes.

Causes de mortalité : chasse, empoisonnements, rage, parvovirus.

Le retour du loup

Jadis, le loup était le carnivore qui avait la plus vaste répartition dans le monde et il était commun en Europe. Exterminé par l'homme dans presque tous les pays d'Europe, aujourd'hui, il n'est plus présent qu'en Europe orientale et, dans une moindre mesure, en Scandinavie et dans les massifs montagneux d'Europe du Sud. Les petites populations qui subsistent en Europe sont menacées par les croisements avec les chiens.

Cet animal mythique avait disparu de notre pays vers 1930, après des siècles de persécutions. Depuis 1992, le loup revient spontanément enrichir notre patrimoine. Il n'a pas été réintroduit, mais est revenu par lui même. Les premiers loups aperçus dans les Alpes du Sud venaient de l'Italie toute proche où l'espèce s'est toujours maintenue et est en expansion.

Aujourd'hui, quelques dizaines de loups fréquentent nos montagnes. Malgré sa protection par la loi française et européenne, cette population encore fragile subit le braconnage des opposants au loup qui réclament son éradication sous prétexte qu'il s'attaque aux troupeaux. Mais s'il tue quelquefois des moutons, c'est qu'ils sont pour lui des proies plus faciles lorsque les troupeaux ne sont pas gardés et livrés à eux-mêmes sans protection en montagne. Le loup n'est qu'un bouc émissaire. Son éradication ne réglerait pas les réelles difficultés du pastoralisme. Sa présence peut au contraire permettre une meilleure prise en compte du milieu montagnard et valoriser le métier de berger.

Pourtant le loup et les moutons peuvent cohabiter, l'exemple de nombreux pays et la réussite des expériences menées en France le prouvent. Déjà, des fonds français et européens aident les éleveurs à travailler en présence du loup, en soutenant l'élevage en montagne, en finançant les techniques de protection des troupeaux (chiens Patous, aides-bergers, parcs de regroupement nocturne), et en indemnisant le bétail tué par le loup. La perte annuelle d'environ 1000 moutons est imputée au loup. La très grande partie des attaques attribuées au loup est en réalité le fait de chiens errants. Parallèlement, 200 000 moutons meurent accidentellement, soit 200 fois plus.

Pour répondre aux pressions des opposants au loup, le gouvernement préconise un zonage : dans certaines zones, le loup serait toléré, ailleurs il serait éradiqué. Certains envisagent même de grillager la montagne ! C'est une aberration écologique. La clef de la cohabitation entre le loup et le pastoralisme réside dans le gardiennage et la protection des troupeaux. Nos montagnes doivent pouvoir résonner à la fois du chant du loup et de celui des sonnailles !

Le vrai progrès ce n'est pas d'opposer l'homme à la nature mais d'instaurer une cohabitation harmonieuse entre la nature et les activités humaines. Protéger le loup, c'est agir pour une nature riche et sauvage où chaque espèce a sa place, dans un esprit de tolérance dont l'homme aussi bénéficiera.