Langres - Feldkirch (430 km).

Langres, Vesoul, Belfort, Bâle, Zurich (Wintherthur), Feldkirch par la route de montagne (Waitwil).

Belle météo au réveil. Nous avons laissé dormir les 2 pilotes de "motos russes" au moins...3 heures car après leur virée nocturne de 360 kms, nous en avions plus de 400 bornes de ruban à dérouler aujourd'hui. Titesquaw leur avait préparé un solide petit déjeuner et malgré la fatigue, le plaisir des retrouvailles incitait à la bonne humeur.B-Ka à sa façon (tout est prétexte à détournement et à rire) et Aégis à la sienne, nous ont raconté les galères du remontage du moteur du Ranger par 2 "éclopés" à peine cicatrisés. C'est là que nous apprenons, que le départ va être sans doute, (sûrement?) retardé ce matin...

En effet, B-Ka a un side impossible à diriger, surtout avec un bras encore fragile.Il va donc falloir vérifier le parallélisme entre la moto et le "panier" qui pour l'instant font la route sans concertation et vivent leur vie de façon assez (trop) indépendante!!!

Pendant que Titesquaw charge nos 2 bécanes (elle est d'une efficacité redoutable, ce qui va devenir pour moi un prétexte pendant tout le voyage), je me mets en quête de 2 grandes règles de maçon et d'un double mètre. Merci au Président de l'association qui gère la Ferme sainte Anne...

La vérification du parallélisme montre un écart qui explique la volonté d'indépendance de chacune des 2 parties du side. Aégis et B-Ka sortent le matos (Aégis a emporté tout son atelier...) et démontent, cherchent la bonne cote et rajuste la machine... il est bientôt 11 heures et nous n'avons toujours pas chaussé nos bottes, mais Aégis et B-Ka assurent le spectacle.

Un peu avant midi, après avoir remercié nos hôtes et réservé les chambres pour le retour, nous longeons les remparts de Langres pour prendre la direction de Vesoul et de Bâle

Le soleil est toujours de la partie, les side donnent le rythme jusqu'à ce que le Ranger commence à faire quelques étincelles. Aux alentours de Vesoul, après 60 km, nous nous arrêtons pour faire le plein. Aégis sort son atelier pour que B-Ka puisse mécaniquer à nouveau... un problème d'allumage, un sertissage qui se décolle sur un capteur(?), la seule pièce qui n'a pas été remplacé au remontage... il faut que çà tienne jusqu'à Linz dans 3 jours où un rendez-vous avec le concessionnaire Ural Europe a été pris...

Nous reprenons la route vers la Suisse, passage de frontière sans problème (non merci Monsieur le douanier, nous ne prenons pas la vignette autoroute et nous suivrons bien les panneaux bleus). Un peu de regret par la suite, car la traversée de Bâle est une galère.

La pluie arrive doucement à la sortie et nous accompagnera toute la vallée du Rhône en direction de Zurich et de Winthertur. Les paysages industriels sous un ciel gris n'ont rien de bien pittoresques et la circulation est dense aux sorties d'usine.

Bientôt 19h, nous ne sommes pas en avance. Nous souhaitions éviter Zurich, pour prendre par Winthertur d'où la route est plus roulante jusqu'à feldkich en Autriche. Exceptionnellement, nous avions branché le GPS qui obstinément nous ramène vers Zurich.

Nous décidons de faire les courses au Lidl et nous nous renseignons sur le parcours le plus favorable. Les nouvelles ne sont pas bonnes, on nous annonce plus de 4h  par une petite route de montagne. Nous appelons l'auberge de jeunesse pour prévenir de notre retard et nous apprenons qu'elle ferme ses portes à 23h. Le GPS nous donne comme heure d'arrivée 22H 48. Pas de temps à perdre, nous reprenons la route sous la pluie. La nuit est tombée, la vitesse ralentit sur une route de montagne en mauvais état. Heure d'arrivée prévue 22h55. La route est de plus en plus mauvaise et la visibilité en forêt très mauvaise. La fatigue commence à se faire sentir et nous découvrons qu'il n'y a plus que la partie gauche de la route qui est praticable, l'autre moitié a disparu, elle s'est effondrée dans le ravin, seul un ruban plastique coloré nous signale le bord de la route et le revêtement se transforme en route de gravier. La descente sur l'Autriche est tendue. En dernière position, derrière les 2 Ural, Titesquaw ouvrant la route au GPS, je les vois disparaître. Le 1500 n'apprécie guère le revêtement et moi je suis crispé (tout le monde sait que j'adore la montagne.. surtout de nuit et davantage dans ces conditions). Au bout de quelques kms de solitude, je les retrouve, apparemment inquiets... Feldkirch n'est plus très loin heureusement, car il est 22h 40...

La réceptionniste de l'auberge de jeunesse nous attendait. Les couche-tard nous accueille, visiblement intéressés par les 2 attelages et l'ensemble de la troupe. Il reste à nous installer (8 lits pour nous 4) et à dîner: les spahetti bolognaises vont nous réchauffer.. quelques rires, plein de bonne humeur, quelques souvenirs de la journée et dodo... les 2 uralistes n'ont dormi que 3 heures depuis 2 jours et plus de 800 bornes.

L'album photo d'aujourd'hui ne sera pas très fourni.