Cheyenne&Titesquaw

22 mars 2016

remerciements

Merci, danke, thanck you, grazie mille, à nos visiteurs français, canadiens, suisses, allemands, américains et italiens . N'hésitez pas à laisser un message. Bientôt, la suite des albums photos.

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05 mars 2016

Vienne Budapest (Etape 4 - jeudi 14 juillet)

Garmish Partenkirchen- Linz (330 km).

Garmisch, Bad Tolz, direction Salzbourg par l'autoroute, sortie Monsee, Linz par l'autoroute.

Toute la nuit il a plu et au réveil, çà continue. Après le petit déjeuner, il faut maintenant sortir les bécanes plantées dans la pelouse détrempée (heureusement, nous avions pensé à mettre nos cales sous les béquilles... les 2 Ural se moquent évidemment de la météo avec leurs 3 roues motrices et leur marche arrière). La rue est pleine de ruisseaux et les caniveaux débordent. B-Ka  attaque, avec l'aide d'Aégis et son atelier ambulant, le resserrage de culasse du Ranger (normal, cela fait à peine 1000 km que le moteur a été remonté...). Titesquaw toujours prévoyante, enveloppe ses bagages dans de grands sacs poubelles.

11h30, c'est parti... pas pour très longtemps. Au bout de 500m, je me fais une grosse frayeur avec le 1500... çà guidonne dur, l'impression que la direction se désolidarise de la bécane. Je m'arrête immédiatement sur le trottoir, car le tarfic urbain est dense à cette heure. Je pense à une crevaison de l'avant, mais rien d'anormal à première vue. Tout le monde revient à ma hauteur et l'on décide de retourner sur nos pas vers un magasin Suzuki aperçu un peu plus tôt. Malheureusement celui-ci est fermé et de toutes façons il ne concernait que les voitures. Aégis se penche donc sur le problème.... c'est l'étrier de frein droit qui ne revient pas et frotte sur le disque... déblocage à la main, nettoyage superficiel et un peu de graisse au cuivre vont nous permettre de repartir, toujours sous la pluie. Le phénomène va se reproduire à plusieurs reprises dans la journée et les jours suivants. Par précaution, après chaque arrêt, cet étrier sera vérifié et graissé. Les conditions météo, la boue sont sans doute à l'origine du problème (au retour, Aégis et B-Ka le démonteront entièrement et depuis plus de problème).

En route pour  Salzbourg toujours accompagnés par un ciel bas et lourd de nuages, nous faisons quand même un détour sur les bords du lac de Monsee sur la route 151. Il est l'heure de se poser pour goûter. Nous nous arrêtons à la "remise de Manuela", puis retour sur l'autoroute jusqu'à Linz. Pour la première fois, Titesquaw voit le panneau Vienne. Nous arriverons vers 19h au "Youthôtel".

Installation dans la chambre et direction, à pied (la pluie a cessé) d'un resto italien bien sympathique... demain nous nous rendrons chez l'importateur européen des Ural pour une nouvelle séance de mécanique pleine de surprises.

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Vienne Budapest ( Etape 3 - mercredi 13 juillet)

Feldkirch - GarmishPartenkirchen (210 km).

Feldkirch, Bregenz, Fussen, Garmisch.

Réveil 8h, un peu difficile après les deux premières étapes et surtout la dernière soirée. Petit déjeuner copieux, Aégis a mal partout... même dans la barbe et il prétend qu'on l'a battu... alors 3 carrés de beurre sur la tartine pour soigner son "col et s'tyrol" (il révisera sa géographie au retour).  Il faut refaire les sacs et atteler.

Nous prenons la décision, par précaution, d'acheter la vignette d'autoroute (contrairement à la Suisse, en Autriche comme en Slovaquie, il est possible de la prendre pour quelques jours seulement).La pluie nous attendait à nouveau et va nous accompagner toute la matinée. Le paysage de montagnes est pourtant magnifique malgré les nuages qui nous cachent (gâchent) les sommets, çà monte et çà tourne, çà descend et çà tourne. La campagne est verte et les fermes autrichiennes ou bavaroises, opulentes, sont largement fleuries. Un vrai décor de carte postale. Environ 30 bornes avant le picnic, vers 13h,  le ciel se dégage. Nous nous arrêtons près d'une cabane sur le bord de la route avec une vue superbe sur la vallée. Les 2 panneaux de stationnement interdit sont oubliés.

La chaleur monte un peu et nous en profitons pour nous débarasser de nos tenues de cosmonautes. Le coffre d'un Ural  qui servait de garde- manger va faire office de table.. le grand confort jusqu'à ce que les nuages reviennent brusquement. Nous nous mettons à l'abri pour prendre le café. La flotte va nous accompagner quasiment tout le reste de la journée. Vers 16h, nous décidons de nous mettre à l'abri sur la terrasse couverte d'une pâtisserie. Les visières des casques ont besoin d'un nettoyage et d'un séchage et nous nous avons besoin de sucre et de nous réchauffer... les gâteaux bavarois sont énormes... Le moral remonte vite et ce, d'autant que nous sommes bien accompagnés par nos 2 compères.

Nous reprenons la route et la météo se calme un peu. Nous faisons une petite pause au bord d'un lac... embrumé avant de  prendre le temps de monter jusqu'aux châteaux de Louis II de Bavière. Une vraie folie sur leurs pics rocheux. Les touristes sont nombreux et  il commence à faire froid, alors nous reprenons la route. Sous le commandement de Titesquaw et de son GPS (ce qui deviendra un rituel à chaque fin d'étape... gain de temps et absence de stress pour se repérer en fin d'étapes), nous arrivons à Garmish Partenkirchen, station de ski réputée, vers 19heures, après avoir fait les courses pour le soir et le déjeuner du lendemain. Les motos sont mises sous bâche et rentrées dans le jardin de l'auberge

Du balcon de la chambre, nous avons la vue sur la piste de saut... impressionnant. Dans la chambre, les 2 uralistes font de la couture...

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Vienne - Budapest (Etape 2 - 12 juillet 2011)

Langres - Feldkirch (430 km).

Langres, Vesoul, Belfort, Bâle, Zurich (Wintherthur), Feldkirch par la route de montagne (Waitwil).

Belle météo au réveil. Nous avons laissé dormir les 2 pilotes de "motos russes" au moins...3 heures car après leur virée nocturne de 360 kms, nous en avions plus de 400 bornes de ruban à dérouler aujourd'hui. Titesquaw leur avait préparé un solide petit déjeuner et malgré la fatigue, le plaisir des retrouvailles incitait à la bonne humeur.B-Ka à sa façon (tout est prétexte à détournement et à rire) et Aégis à la sienne, nous ont raconté les galères du remontage du moteur du Ranger par 2 "éclopés" à peine cicatrisés. C'est là que nous apprenons, que le départ va être sans doute, (sûrement?) retardé ce matin...

En effet, B-Ka a un side impossible à diriger, surtout avec un bras encore fragile.Il va donc falloir vérifier le parallélisme entre la moto et le "panier" qui pour l'instant font la route sans concertation et vivent leur vie de façon assez (trop) indépendante!!!

Pendant que Titesquaw charge nos 2 bécanes (elle est d'une efficacité redoutable, ce qui va devenir pour moi un prétexte pendant tout le voyage), je me mets en quête de 2 grandes règles de maçon et d'un double mètre. Merci au Président de l'association qui gère la Ferme sainte Anne...

La vérification du parallélisme montre un écart qui explique la volonté d'indépendance de chacune des 2 parties du side. Aégis et B-Ka sortent le matos (Aégis a emporté tout son atelier...) et démontent, cherchent la bonne cote et rajuste la machine... il est bientôt 11 heures et nous n'avons toujours pas chaussé nos bottes, mais Aégis et B-Ka assurent le spectacle.

Un peu avant midi, après avoir remercié nos hôtes et réservé les chambres pour le retour, nous longeons les remparts de Langres pour prendre la direction de Vesoul et de Bâle

Le soleil est toujours de la partie, les side donnent le rythme jusqu'à ce que le Ranger commence à faire quelques étincelles. Aux alentours de Vesoul, après 60 km, nous nous arrêtons pour faire le plein. Aégis sort son atelier pour que B-Ka puisse mécaniquer à nouveau... un problème d'allumage, un sertissage qui se décolle sur un capteur(?), la seule pièce qui n'a pas été remplacé au remontage... il faut que çà tienne jusqu'à Linz dans 3 jours où un rendez-vous avec le concessionnaire Ural Europe a été pris...

Nous reprenons la route vers la Suisse, passage de frontière sans problème (non merci Monsieur le douanier, nous ne prenons pas la vignette autoroute et nous suivrons bien les panneaux bleus). Un peu de regret par la suite, car la traversée de Bâle est une galère.

La pluie arrive doucement à la sortie et nous accompagnera toute la vallée du Rhône en direction de Zurich et de Winthertur. Les paysages industriels sous un ciel gris n'ont rien de bien pittoresques et la circulation est dense aux sorties d'usine.

Bientôt 19h, nous ne sommes pas en avance. Nous souhaitions éviter Zurich, pour prendre par Winthertur d'où la route est plus roulante jusqu'à feldkich en Autriche. Exceptionnellement, nous avions branché le GPS qui obstinément nous ramène vers Zurich.

Nous décidons de faire les courses au Lidl et nous nous renseignons sur le parcours le plus favorable. Les nouvelles ne sont pas bonnes, on nous annonce plus de 4h  par une petite route de montagne. Nous appelons l'auberge de jeunesse pour prévenir de notre retard et nous apprenons qu'elle ferme ses portes à 23h. Le GPS nous donne comme heure d'arrivée 22H 48. Pas de temps à perdre, nous reprenons la route sous la pluie. La nuit est tombée, la vitesse ralentit sur une route de montagne en mauvais état. Heure d'arrivée prévue 22h55. La route est de plus en plus mauvaise et la visibilité en forêt très mauvaise. La fatigue commence à se faire sentir et nous découvrons qu'il n'y a plus que la partie gauche de la route qui est praticable, l'autre moitié a disparu, elle s'est effondrée dans le ravin, seul un ruban plastique coloré nous signale le bord de la route et le revêtement se transforme en route de gravier. La descente sur l'Autriche est tendue. En dernière position, derrière les 2 Ural, Titesquaw ouvrant la route au GPS, je les vois disparaître. Le 1500 n'apprécie guère le revêtement et moi je suis crispé (tout le monde sait que j'adore la montagne.. surtout de nuit et davantage dans ces conditions). Au bout de quelques kms de solitude, je les retrouve, apparemment inquiets... Feldkirch n'est plus très loin heureusement, car il est 22h 40...

La réceptionniste de l'auberge de jeunesse nous attendait. Les couche-tard nous accueille, visiblement intéressés par les 2 attelages et l'ensemble de la troupe. Il reste à nous installer (8 lits pour nous 4) et à dîner: les spahetti bolognaises vont nous réchauffer.. quelques rires, plein de bonne humeur, quelques souvenirs de la journée et dodo... les 2 uralistes n'ont dormi que 3 heures depuis 2 jours et plus de 800 bornes.

L'album photo d'aujourd'hui ne sera pas très fourni.

 

 

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Un voyage, une aventure, des amis...Beauvais-Vienne-Budapest

Un jour Titesquaw a émis l'idée d'aller à Vienne, en moto évidemment.Alors l'hiver 2010-2011, l'idée fut transmise à ceux et à celles avec qui nous aimerions prendre la route en juillet 2011. Ajc&Co, les Tourangeaux, avaient prévu de descendre sur Aix en Provence, TontonJeff et LN n'étaient pas disponibles et faisaient un tour de France en Août, Norman et Françoise étaient bloqués par la famille.

C'est donc avec Aégis et B-Ka, les deux Solognots, que les préparatifs sont entrés en phase active: roadbook et réservations des hébergements  (auberges de jeunesse et chez l'habitant). De Vienne, pourquoi ne pas pousser jusqu'à Bratislava (proposa le Karibou noir... pourquoi? simplement parce que le nom lui plaisait) et puis pourquoi pas Budapest? ben oui, pourquoi pas, c'est pas très loin finalement...

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Nous avions prévu le départ le 11 juillet de Beauvais et il fallait que B-Ka soit rentré le 23 juillet à Blois. Ce fut donc un"raid" de près de 4 200 kms en 12 jours et une première pour nous. En effet, moins que le kilométrage, c'était le voyage qui était nouveau: l'idée d'avancer chaque jour et non plus comme d'habitude,  rayonner et rentrer au  teepee chaque soir. Titesquaw allait retrouver le principe de la randonnée qu'elle apprécie et Aégis et B-Ka avait déjà fait Berlin ensemble...

Les équipages se composaient de 2 sidecars Ural (1 Sportman et 1 Ranger) et de 2 motos (1100 Dragstar Classic et C1500 Intruder). Si les sidecars ne sont pas très rapides, quelle capacité de chargement!!! rien ne nous a donc manqué (huile, clefs, graisse... mais aussi poêle et réchaud pour cuisiner en pleine nature...)

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Dossier à réunir pour ce voyage qui nous a emmené à travers la Suisse alémanique, l'Allemagne  (Bavière), l'Autriche (Tyrol et le beau Danube... pas bleu du tout), la Slovaquie et la Hongrie: carte d'identité ou passeport, assurance maladie, carte internationale auberges de jeunesse. La carte bleue est acceptée partout (au retour vous verrez combien son utilisation aura coûté et aussi les risques de fraudes encourus, alors il vaut mieux prévoir du liquide pour les courses quotidiennes et l'hébergement chez l'habitant... l'euro a été accepté partout).

La glacière est indispensable pour les picnic du midi et emmener les courses pour le repas du soir; nous avions 2 thermos pour l'eau et le café. Heureusement, et nous le verrons par la suite, nous avions tout ce qu'il fallait pour braver la pluie, le froid et la chaleur (de 8° à 35° et de la flotte pendant la moitié du voyage, notamment en Autriche et en Suisse).

Le GPS (TomTom Rider Europe) emporté par précaution se révéla en réalité d'une grande efficacité pour trouver, sans aucune perte de temps, les adresses des hébergements, tous réservés au départ.

Pour 2 motos, l'aventure nous est revenue à moins de 1 200 €, soit 630 € pour l'essence (consommation de 4,33 l / 100kms...merci les Ural et les péages divers).... et le reste pour la nourriture et l'hébergement.

La suite va faire l'objet d'albums, étape par étape que nous vous invitons à partager

ETAPE 1: 11 juillet 2011 ( Beauvais- Langres ou Blois- Langres): 410 kms.

Beauvais, Compiègne, Pierrefonds, Villers Cotteret (édit de la naissance de la langue française), La Ferté Millon (Racine), Château Thierry (La Fontaine), Sézanne, Troyes, Bar sur Aube, Arc en Barrois, Langres (Diderot).

Nous sommes partis de Beauvais pour rejoindre Langres en fin d'après midi. la météo était agréable, mais les nouvelles du côté de Blois n'étaient pas très bonnes. En effet, les 2 Solognots se remettaient chacun d'une opération et l'un des Ural avait encore le moteur par terre. A midi, joints par téléphone, ils étaient ravis parceque.. le démarreur fonctionnait (entendu au téléphone), mais ils ne savaient toujours pas quand ils pourraient décoller. A 20 heures, nous étions toujours dans le doute.petite balade à pied dans la campagne après dîner. Titesquaw s'inquiète: "que faisons nous demain matin, s'ils n'ont toujours pas réparé?"  Finalement, après une journée de mécanique, les 2 baroudeurs démarrent à l'arrache  vers 22 heures pour arriver au gîte de la ferme sainte Anne vers 6h du matin le lendemain.. le départ était prévu à 9heures!!! Vu leur état,  nous les laissons dormir un peu...

Point de vue des Ural

Allez, admettons, une Ural, c’est bon pour la balade locale, pas trop de kilomètres avec les potes car ces derniers ne roulent pas avec le même genre de bouzin et sont habitués à cruiser plus vite.Allez, on le sait, c’est bon pour taper la discute avec des inconnus à qui l’on offre un moment de croisement temporel, mémoriel aussi, de leur passé ou de celui de proches.Allez, on l’a trouvée idéale, l’Ural, pour emmener les petits minots à qui l’on veut faire un tour de moto. Ses enfants, qui voient leur papa ou maman partir sur un custom ou une japonaise bien virile et qui la ramènent à chaque fois :

« C’est quand que tu m’emmènes sur ta moto ? »

Baah, tu sais, t’es encore petite, mais on le fera, d’accord ?

« Quand ? »

J’t’l’ai déjà dit : dans quelques années quand tu auras le format adéquat.

« C’est toujours la même chose, twaçon ! »

Bah, pour ma part, j’ai devancé les mots. J’ai lâché la GSX G, petit missile à cardan pour la louve d’Irbit. Question d’envie aussi de retrouver du vrai... et ses désagréments qui vont avec.Allez, on le sait, il faut éviter –préférablement- avec nos bêtes, plusieurs centaines de kilomètres dans la même journée et aussi d’autorouter à vitesse soutenue. Les étapes de liaison ne sont pas un cadeau parfois.

 Aussi, on l’a vu assez rapidement, c’est assez physique d’emmener l’Ural sur du viroleux ou du long. En plus, à la vitesse de croisière appropriée, on se fait chier aussi. Ca bouge dans tous les sens. Pas besoin de l’abonnement à « Synergym ». Encore faut-il avoir son châssis réglé correctement. Juste du carburant à mettre dedans.

 Allez, on admettra (très vite) que le mini camping-car qu’est l’Ural avec sa capacité d’emport nous avantage aussi… Et on l’aime beaucoup pour ça aussi. Faut-il encore ne pas trop en embarquer !!! N’est-ce pas Aégis ?

Alors, trop de kilomètres, trop de jours de trop de kilomètres, c’est pas l’outil. Ca ramène à se dire : alors quelle bécane pour quelle utilisation ?

Aussi, le physique minimum pour emmener la Russe sans que celle-ci devienne pénible est une condition impérative.Mouais, ça fait un an que je n’ai pas roulé du tout et, depuis Noël 2009 (on est en juillet 2011), je n’ai fait que 400 kilomètres…. En plus, je me suis offert une rupture totale du tendon du biceps droit, trois mois avant le départ de ce voyage proposé par les copains normands. Pas facile, de s’imaginer à l’aise et surtout : comment c’est que de rouler en side ? J’ai franchement oublié !

Vais-je assurer avec mon bras qui a perdu 50% de performance et qui n’a plus d’endurance ?

 J’ai quelques craintes ! Donc, les copains, cuirs et bridées à l’appui m’ont invité à partager quelques moments routiers pour cet été. Ils me connaissent : on était en juillet 2010. Un an auparavant : « Marie irait bien à Vienne l’été 2011 taper quelques moments persos sur les bords du Danube. T’es le bienvenu, on aimerait que tu persosses avec nous. Aégis et son Ural y seront aussi ! T’auras le temps de t’organiser ? » Disent-ils avec humour et envie, la moelle pétillante.

 Bah, ouais, j’imagine. Avec Aégis, cet été là, je venais de mettre le moteur sur une table car j’avais brayé la distribution la semaine d’avant, 45 kilomètres seulement après avoir retrouvé Douschka en arrêt de travail et ses pignons de boites de 3ème changés. Enfin plutôt, la distrib’ s’est brayée toute seule en hédoniste destructrice. Pas trop de bol ! L’atelier n’est pas chez moi et je mécanique en pointillé, alors mes interventions huileuses se comptent en mois à chaque fois. Et puis pas beaucoup d’envie quand on cumule… C’est vrai que le moteur devenait très bruyant ! Baah, c’est russe, alors ça devenait normal que ça sonorise un peu plus chaque année passée… Tu parles, ‘faut l’aimer, la Russe.

 C’est un Ranger 2004, et 2004 ça a été produit en 2004. Ceux qui ont des modèles jusqu’en 2005, voire 2006 savent ce que je veux dire. A partir de 2007, baaah, c’est plus pareil. La Tourist Deluxe d’Aégis me le rappelle trop souvent.

AEGIS story : « Chat pitre 1 ».

 C'est sur qu'on les aime, nos russes. Celle de B-KA, j'avais été convié pour l'opération d'extraction du camp du grand Nord où elle était prisonnière. Et déjà la séduction avait opéré. Mais bon, je roulais à l'époque en Volusia et en duo...

Séparé de la Volusia (et en solo), les oxygénations dans le panier de Douschka avait ravivé le désir de trouver une compagne russe pour combler et oublier le vide ambiant.Non pas une petite blonde frivole, mais une brune « aile de corbeau » à forte motricité.Douschka étant du genre « spetsnaz », la mienne serait KGB, donc une Tourist de Luxe2WD noire avec les rayures blanches. Modèle 2007 avec frein à disque à l'avant, boite Herzog et allumage Ducati.

Hé-hé ! Le vieux avait trouvé une petite jeunette.

 Et c'est sûr qu'en la conduisant, heu, non ça se conduit pas, en la pilotant, ben non ça se pilote pas non plus, en la maitrisant arf, non plus, ça se maitrise jamais complètement … En roulant avec, voilà, on change de monde (surtout au début), d'espace temps, de continuum, on se vide la tête, on ne pense plus à rien, enfin, rien d'autre que de rester sur la route, et si possible du bon côté.

 Et puis le côté rustique apparent, bien que sophistiqué en profondeur, me plaisait bien, pas besoin de sorties dans des stations de luxe, une bonne boîte à outils faisait son bonheur, à condition de lui accorder temps et attention.

Sans compter le plaisir de rouler en « wing » avec B-KA, mon « brother in arms » ou mieux encore, mon « frère de la forêt ».Coté mécanique, on se complète plutôt bien, B-KA a été à meilleure école que moi, l'Ecole Familiale. La mienne était l'Ecole de la Découverte Solitaire Aventureuse.Lui est un mécano optimiste « tant que ça roule c'est bon... », et moi pessimiste « qu'est ce qui pourrait bien merder ??? ». Fort heureusement je suis très doué pour la procrastination, ce qui tempère ma propension à trop en faire...

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La photo ci-dessus représente le résultat inéluctable d’un montage de pignons non appareillés avec le carter… on en a sévèrement déjà assez parlé…

J -15

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Totale magnificence du bloc d’Irbit vide. Vous ne pouvez imaginer ce que c’est que de parcourir les courbes, les usinages, les rebouchages de fonderie et tous les canaux de lubrification. C’est un moment dans le ventre, c’est comme dans une grotte : On n’a rien à y faire, mais on est attiré par ce qui au fond, dans l’obscure des recoins. Les yeux roulent sur le relief, s’arrêtent, reprennent leur chemin, s’aperçoivent qu’à l’autre bout de ce conduit, c’est là que nous étions il y a 45 secondes. Alors, on retourne le bloc, on regarde, on refait le chemin, on touche les cylindres, le support de roulement arrière, l’arbre à cames, la pompe à huile et l’on comprend mieux… Enfin, il faut plutôt s’y reprendre à plusieurs reprises car certains orifices, certains filetages attisent la curiosité de qui côtoie les gremlins incohérents de la dysfonction.

J’ai eu beaucoup de respect pour les formes de fonderies, les usinages russes, la conception simplissime mais ébouriffante du circuit de lubrification et de son principe de brumisation. Un vrai régal. On en reparlera une autre fois. La photo ci-dessus a été faite quinze jours avant de mettre le contact pour l’Autriche.

Je bouffais de la garniture cérébrale en attendant de passer à la phase de montage du vilebrequin. C’est la partie qui prendra le plus de temps. Une fois ça en place, tout le reste coule tout seul. Quand on ne l’a jamais fait, on est content d’avoir un pote et surtout d’avoir quatre mains. Même si parfois, quand l’emmanchement difficile des roulements sur leur portée s’approchait de la contrariété, deux têtes pouvaient devenir trop autour du bloc. Mais sans accroche aucune. De toute façon, mon bras ne me permettait pas de faire la manip. Alors, je porte les outils, je maintiens le bloc, je bride la cale martyre.

Ainsi, le remontage du moteur entre camarades aura apporté une saveur particulière. Marc étant tout autant que moi concerné par la bonne marche des opérations et par le plaisir flagrant de remonter de la fonderie au poum-poum, ce flat. Ce sont aussi des moments propices à l’échange et l’instruction.

C’est qu’il aimerait tant que je fasse partie des dépôts de gommes en Autriche avec la C 1500 Suz’ de Cheyenne et la 1100 Dragstar de Marie. Une affaire de forêt, semble-t-il, et je le sais.

Il faut que l’on soit quatre en Autriche et à Bratislava, et on le sera. S’il faut acheter une 125 pour prendre la route et les rattraper sur le parcours, j’achèterai une bouzine à 1000 €.

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Putaiiiin !  On est le 3 juillet 2011 ! Déjà !!! Je traîne. Il reste huit jours avant le départ du lundi 11. Le vilo est dedans, le plus gros est fait. Rassurez-vous, je vais me rattraper… Marc, en vigie en cas d’appels pour un coup de main est au rapport avec grosse dispo.

Pendant ma convalo, je me suis organisé pour mes CP et les petites à faire garder. On a réservé les auberges en juin sur la route du Danube.

Manque plus que moi…

Boaah ! je sais que ça va le faire mais comment ? Il faut juste une date limite et la moto sera prête à cette date, sinon, si tu me donnes dix jours de plus, l’Ural sera prête dix jours plus tard. J’aime beaucoup, j’affectionne cette notion de « dead line », la limite qui fait que les jours précédents, tu décuples ton énergie, ta concentration et ta force morale et… que tu sais pertinemment que tu vas assurer. Et là, tu DONNES ! Les copains Normands se disent que l’on doit savoir ce que l’on fait, Marc et moi. De plus, étant un morceau allumés et imprévisibles, il vaut mieux s’attendre à tout et ne s’étonner de rien avec nous… Tout dépend de moi en fait.

Le chirurgien m’a interdit de soulever plus qu’un pack de flotte (9 kg donc) jusqu’avant le voyage. C’est donc Aégis qui va poser le moteur dans le cadre, la boite et le bol arrière et assurer les moments de manutention importants.

Et quand tu remontes le vilo dans la fonderie, il vaut mieux pas faire de connerie. Au montage comme pour ma rééduc’. C’est chiant, un bras petit.

En plus, en plein achat immobilier, les kids en vacances, je reprends le boulot juste pour le WE avant le départ après un tour sur Bordeaux chez mes parents. Je finis le travail en milieu de nuit, petit sommeil et grandes dispos pour l’Ural. C‘est clair, je suis un peu épuisé et frustré de devoir retourner à ma boîte sans avoir fini la méca. Toujours les fameux deux-trois jours qui manquent.

J-2 : 

Voilà donc, le samedi 09, 48 heures avant le départ.

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Y a encore pas mal de taf’, dans une heure, je repars me préparer pour partir au travail.

J’arrive à accorder cinq heures par jours à Douschka, Marc étant bien évidemment présent pour ces trois jours de boulot cruciaux avant le départ. La veille, revenu de Bordeaux, j’ai récupéré le séparateur de l’alternateur que j’ai fait ré-usiné en diam 37 pour accueillir le nouveau joint à lèvre, réglé de la paperasse pour le prêt de la baraque et… boulot. Je suis vidé.

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J-1

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Allez, il est 14h00, on est la veille du grand départ, il reste du matos à monter, le sac, et le matos à préparer et à compiler pour un voyage de 3500 bornes en 13 jours de dispo. Rien n’a été testé. Evidemment. Mais on l’aime, Douschka, donc cela devrait normalement suffire. Elle le sait. Je le sais. Nous savons aussi que l’on fera un stop chez Harry et Birgit à Linz. Ca rassure.

Le moteur aura eu, suite à sa casse de distrib’, les roulements de vilo, d’arbre à cames et ceux de l’alternateur changés, une distrib’ Herzog « appareillée », une pompe à huile neuve, et toutes la marmaille de joints de tout type. Manque plus qu’à faire cracher le bouzin.

Je ne pense à rien d’autre qu’avancer, avancer, je ne me pose même pas la question de savoir si je serais prêt demain ou pas : je le serai. En plus, j’ai mon Chaman à moi en la personne d’Aégis.

Allez, faut retourner au boulot, le vrai… Puis je me coucherai vers 02h00 du mat’, me lèverai à 7h00 et filerai au hangar pour taper dans l’Ural. Je pense être prêt pour 12h00-13h00. On verra. J’aurais vraiment préféré faire tourner la machine avant le départ, mais bon…

 

Au boulot, c’est :

Alors, ton voyage en Autriche, c’est toujours bon ?

Baah ouais, pourquoi ?

Aah, t’as remis le moteur, alors ?

Oui !

Ca tourne alors ?

Non !

Et tu pars demain ?

Baah, oui !

Et les autres ?

Les customs décolleront, et on les rejoindra à 400 bornes de là !

Mais ça va tourner ton truc ? Sourires en travers.

 

Je suis fatigué, je n’ai pas le besoin de réfléchir. Bien sûr que l’Ural va marcher, même si je sais garder lucidité. Mais le doute ne viendra que devant les faits avérés : c’est au moment, et uniquement au moment où l’on s’apercevra qu’il y a un gros ‘blème que je redescendrai sur terre. En attendant, avec Marc, l’on marathonise depuis quelque jours en jonglant. Il me manque deux jours.

Des sourires de dubitation traversent la salle du centre d’appels où je traîne, les regards se croisent… C’est B-Ka. Ils connaissent le bonhomme… Quand j’avais fait Berlin avec Aégis en Novembre 2009 pour les vingt ans du Mur, avec les amortos changés le mois d’avant, j’avais préparé homme et machine une semaine à l’avance et l’on s’était téléphoné que deux ou trois fois en quinze jours. (Note du Cheyenne : il faudra qu’un jour je poste ce livret berlinois de décembre 1989, rédigé par l’ami Black Karibou alias B-Ka, autrement dit, Franck)

A l’époque, nous avions uralisé vers la capitale allemande et parcouru 2800 bornes d’Ural en huit jours. Les machines avait été fières et respectées. J’avais voulu marqué ce trip par un récit sur le forum de Dan pour casser des non-dits sur les Ural et leur fiabilité ainsi que pour partager un moment d’Ural. Montrer ce que sont ces machines pour ceux qui hésiteraient encore.

Alors, j’avais commencé à l’écrire et puis j’ai laissé tomber car des mots ne devaient pas êtres posés sur certaines choses partagées, sur une suite, sur un étage supérieur de vie passé et apparemment strictement personnel mais cependant partagé avec Aégis. D’ailleurs, l’étage était-il supérieur ou plutôt tout simplement parallèle ? Tout dépend de ce que j’allais faire de ce voyage, pour moi, pour mon passé, et surtout pour mon futur.

Oui, je ne voulais pas qualifier des images, des moments, des pensées captées et sculptées pendant le voyage.

D’ailleurs, pourquoi traduire ? Pourquoi qualifier ? Des fois, il est bien de laisser au fond de soi des morceaux qui restent un peu flous, imprécis car ces choses, ressentis et appréciations dépendent de paramètres tels que les sensations corporelles du roulage, des bruits de rues, des odeurs, des regards, des évolutions de réflexions profondes inhérentes à l’accumulation des kilomètres, visions flash, humains croisés, climats, d’éclats de rires, complicité, bouffes, d’amas de petits espaces de temps « sensorialisés » et qui forgent ce quelque chose qui n’appartient qu’à ceux qui le partagent, ou éventuellement avec ceux qui ont eux aussi des amas planqués quelque part.

Tout le monde en a, des amas, c’est ce qu’il y a derrière le regard pour ceux qui ont la capacité du lâcher prise pour laisser le vécu impacter notre cérébral. L’acceptation, l’ouverture. Point de lâcheté là dedans, juste du vrai. C’est aussi ce qu’il a de caché et d’invisible pour une très grande majorité, mais pour certains, il y a du déni, ça dépend des épisodes du passé, du contexte, et des gens qui ont croisé ces moments. Qu’ils soient présents ou disparus. De toute façon, il est des choses qui ne se partagent pas, qui ne doivent pas transparaitre, qu’elles soient ou non perceptibles par les tiers. Parfois, ce n’est pas le moment d’ouvrir les portes, surtout que l’on ne prend pas le temps d’arriver à la phase d’arrêt où, il peut être opportun de regarder derrière la porte, dans notre dos…

Aussi, ce partage, cette ouverture, se mérite. Mais on se laisse surprendre des fois… (Sourire…)

Le temps qui nous sépare d’un voyage ou aventure peut embellir certains aspects car il n’est point utile de s’encombrer ou de se martyriser avec certains détails qui finalement, ne sont pas si pertinents que ça ou qui ne méritent plus attention, mais qui en direct avaient été pénalisants ou encombrants.

Il y a eu aussi les moments passés avec la machine russe. Ceux-là ne concernent que moi et la Ranger. C’est une partie de moi. La notion de Léviathan, organisme biologico-mécanique en liaison direct avec ma neuronerie à cinq sens et mon sphincter du gluteus, prend de l’apesanteur dans mon vécu.

Allez, peu importe, je m’égare peut-être un peu trop maintenant, certains aussi, j’imagine, penseront et biaiseront leur interprétation de mon texte avec des a priori ou expériences vécues. D’ailleurs, mon texte est lui-même une interprétation.Finalement, en « remplacement » de Berlin II, je vous avais laissés sur le forum mon récit de Berlin de 1989. Vous n’aviez pas perdu au change, c’est clair !

Pour ce coup là, en 2011, je me posais la question de laisser un récit ou pas. Néanmoins, lors de l’appel à Valérie de Manzat par Marc, quand celui-ci s’est aperçu une semaine avant, qu’il avait un ressort de rappel de frein de cassé, Dan est intervenu au tél pour nous sommer de monter les ressorts, broches ouvertes vers la roue. Puis de trouver super notre virée en trois roues sur le Danube, et finir, plein d’enthousiasme énergique : « Les gars, vous nous faites un reportage pour la rentrée, avec photos et tout, hein ?».

On va dire que j’espère partager par ces quelques photos et quelques impressions et descriptions les bornes faites en flat avec les v-twin normands. C’est pas mal aussi pour Valérie et Daniel, et quand même pour les gars qui ont façonné cette machine, là-bas, si loin. Et bien sûr aussi pour Guy et Marie avec qui je m’apprête à partager la route vraiment pendant treize jours. Je ne dis pas que c’est pour Marc aussi, car avec lui, nous roulons sans mots, on sensitive les moments. J’allais dire : On roule à deux. Quand les deux sides sont sur la route en même temps, ce sont deux machines qui ne se tiennent jamais loin l’une de l’autre, comme si, d’elles-mêmes, elles regardaient la sœur qui vibre à côté. Au cas où. Bon, elles savent aussi s’affranchir de ce lien génétique pour s’escagasser les rayons en solo !!! Cependant, Marc doit être le seul à s’inquiéter de la santé de Douschka !

Alors, bien sûr, cela reste un voyage sans excès, simple et pas loin par rapport au profonds et magnifiques voyages que nombre d’entre-vous ont pu faire dans leur existence, mais j’y mets les mots. Pour vous.

Lundi 11 juillet (Jour 1)

Peu de sommeil. J’ai voulu partir à minuit du boulot pour dormir un peu et naïvement prendre un peu d’avance avec que Marc n’arrive vers 10h00, mais cela m’a été refusé.

J’arrive au hangar, je sors l’engin et j’attaque. Il faudrait être prêt vers 12h00. Serrage des pots ; Remplissage du réservoir ; Pose filtre à huile ; Huile… Huile ?

Merde, l’huile avec laquelle je n’ai fait que 400 bornes depuis le retour de Berlin a été inévitablement contaminée grave par l’état de la dentition de la distribution…. Pourtant, j’avais contrôlé sa transparence pour être sûr qu’il s’agisse d’un bidon d’huile neuve, mais avec le temps -un an-, j’avais certainement oublié le transvasement. J’appelle Marc mais il est déjà parti. C’est lundi, les magasins sont fermés, c’est Marc qui arrive et il a évidemment de quoi me ravitailler dans son side. Prévoit-il une vidange en Styrie ? Egal à lui-même. Je lui pique deux litres. OUF ! Pas besoin de contrariété aujourd’hui.

On fait le plein de la boite et du bol avec de la Gramo B. Parait que c’est l’arme ultime pour des boites de vitesses comme les nôtres. Idéale aussi pour les Guzzi du 20ème siècle et autres customs. J’suis pas sûr que beaucoup connaissent cette huile en 80-140 au bisulfure de molybdène. Quand j’en parle en magasin, on sent tout de suite que ça concerne un autre type de clientèle à laquelle les bouclards ne sont pas habitués… Autre conception, autre usage.

Aussi, un peu gêné, je constate que Marc est arrivé, son side prêt et chargé pour le départ imminent. Il ne retournera pas chez lui. Merde, à cet instant, j’aurais préféré qu’il arrive en méca-boy, et qu’il reparte faire son packo me laissant libre de faire de même de mon côté. C’est qu’en effet, j’ai pas fait mon sac…

A ce moment là en Normandie :

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Cheyenne et Marie sont déjà partis et l’on ne devrait pas attendre longtemps pour avoir un appel. Tiens justement ! Un coup de portable… Où en on est ? Bah… Ca avance. Hummm. A tout’… EUX, sont déjà partis. Le voyage a donc commencé.

On mettra trois heures à faire péter correctement la bécane. A 12h00, le démarreur tourne mais le moteur, non. Bougies sèches. Démontage de la giclerie. Malgré un profond nettoyage aux ultra-sons, j’ai pas passé la soufflette dans les conduits et des dépôts décollés par le nettoyage s’entassent gentiment dans les gicleurs. Démontage, moi dessous, Aégis qui souffle, il me redonne les gicleurs mais je me suis endormi. Ca craint.

Y a du jus dans les cuves mais ça ne démarre toujours pas. Lumière !!! On savait que le rotor d’allumage avait son sertissage baladeur et donc que le calage était totalement à côté. Apparemment, les à-coups de la distrib’ quand les dents pétaient une à une alors que le pignon d’alternateur tournait sur le brut de fonderie du pignon d’arbre à cames ont dû générer des micro-déplacements vibratoires pour le rotor.

On comprend mieux quand on se dit que la bécane a tourné dans les conditions ci-dessous : Devant : Herzog ; Derrière : Russian Iron.

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Précision : les rotors d’allumage depuis 2006 ou ’7 sont usinés en une seule pièce. Finalement, on ré-usinera la lumière de la platine de calage d’allumage de + 10 mm. On se dit que l’on fera le point à Linz quand on passera chez Harry et Birgit, l’importateur des Ural de ce côté de l’Atlantique. On constate que le bi d’Irbit peut relativement bien tourner avec un décalage de 10° voire 15°, mais pas de manière optimisé. On fait les choses correctes.

Ainsi, le moteur vibre à nouveau… Un an après avoir cogné fortement sur une route de Sologne et s’être arrêté par nécessité physique… L’engin tourne. C’est vraiment étrange de réentendre le bruit si typique du flat avec mes échappements « ouverts ».

Surtout qu’il n’est plus très cloquant question bruit de distrib’. Un autre monde.

15h00… C’est le silence entre moi et l’homme qui m’aura permis de partir en Ural. Voire de partir tout court. J’ai aussi d’autres préoccupations ces derniers temps. Je suis exténué. Cheyenne a appelé entre-temps et ils arriveront dans deux heures à Langres. 400 bornes à faire, c’est huit heures d’une Ural. D’une Ural sans problème.

Pendant le piquenique, j’avais appelé Aégis. Joyeux, il me dit « écoute l’indien…. », effectivement,  j’entends un démarreur, mais toujours pas de moteur… « pas de souci, me dit il, encore un peu et on va être prêt à décoller ». Il me reste maintenant à rassurer Titesquaw…

15h45 : Les machines sont dehors, fonctionnelles

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Oui, je suis tellement rincé, vidé, la tête lourde et engrisée de fatigue que j’en suis gêné de retarder Marc. Pendant que l’on se lave les mains, c’est tout silence, j’me lâche, abandon, je lui somme de partir, car je ne suis pas prêt et que j’envisage de décoller vers 23h00, voire demain. J’veux dormir, dormir, dormir… J’ai pas encore sélectionné l’outillage, ni la logistique nécessaire au roulage longue distance en side russe. J’ai pas envie de m’y astreindre non plus. J’en ai assez. Je veux marquer un arrêt.

Aussi, j’ai pas fait mon sac. J’avance plus. J’ai pas envie d’avancer. Il me répond qu’il dormira sur le divan pendant que je préparerai mes affaires. Ok, ça me déculpabilise que trop peu. Cependant, le divan, c’est plutôt MOI qui aurais voulu en profiter !

Baah ouais, c’est que j’ai moi-aussi envie de pioncer une journée. En fait, pour dire vrai, direct, Marc ne se voyait pas partir sans moi tant que l’engin ne tournait pas. Il y aurait eu un blocage méchant au niveau méca, c’est bon, il serait parti à contrecœur. Mais là, on est le binôme Ural et on reste le binôme. Je ne m’étale pas plus. Quelques notions et essence de fratrie forestière interviennent ce soir.

Une copine commune nous rejoint chez moi. Je suis le seul à ne pas déconner. J’escargote, je larve, j’amibe et je me glue devant l’étalage de mes vêtements sur le billard. Je lâcherai aussi une petite valise d’outillage. Vu que Marc a TOUT dans son side et qu’il y a des limites à l’embarquement des doublons, je vire ces 4 kg de trop. Je sais par expérience qu’une fois vidé le side à la prochaine étape, je disposerai d’un nouveau volume de place disponible ceci dû à un nouveau rangement rationnel. C’est toujours ainsi.

Avouons-le, Marc pourrait dépanner un Scania sur le bord de la route ; Une panda à Beyrouth qui joue au vapor-lock ; Un Palestinien qui a perdu sa carte de bus à Tel-Aviv ; Une relichieuse qui a pété sa sangle de sandale cuir sur le chemin de composte au fond de son jardin en Lituanie ; Un MP3 qui supporte mal le codec de téléchargement pirate ; Une bande d’affamés qui attendent la paëlla du bicentenaire. De toute façon, du WD40 à la pelle à tarte en passant par du fil à recoudre les dermes, l’Homme a vraisemblablement tout au fond du side. Et ce n’est pas de l’humour que de dire cela. Parfois, je me suis demandé s’il n’y avait pas une station de métro pleine d’un stock de pièces et d’outillage sous le side quand nous dépannions l’un des 3 roues, enfin… plutôt quand nous dépannions mon Ural. Ou alors, est-ce qu’il s’arrêtait au dessus d’une bouche d’égout bien choisie à l’insu de notre plein gré, et qu’il –subrepticement- descendait faire un tour dans les galeries pleine d’équipement et de pièces détachées. Ce bonhomme, c’est de l’onguent pour l’esprit.

Ce type aussi a une approche du diagnostic qui fait gagner du temps, beaucoup de temps parfois.

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AEGIS : « Chat R' jument »

Heu ! Comment ça ? Je roule chargé ? Mheuu non !

Juste le minimum indispensable nécessaire.

A peine de quoi survivre dans un monde hostile, voire pire : indifférent.

D’ailleurs, tout à servi... Enfin presque, j'aurais peut-être pu laisser la pelle-pioche, le câble d'embrayage, les rayons de roues, les plaquettes de frein ou le tournevis à frapper et quelques autres bricoles, mais j'aurai gagné quoi ? Une vingtaine de kilos, trente peut-être pas plus.

D'un autre coté je me serais fait du souci, j'aurais craint de ne pouvoir réagir dans une situation Hinault-Pinay (là où il serait plus rentable d'être à vélo). Ce qui aurait gâché mon plaisir de rouler en bonne compagnie.

Et je tiens a préciser que la clef de 41 est un outil indispensable pour desserrer de manière virile une situation trop tendue qui pourrait devenir dangereuse, et de plus elle m'évite de prendre la masse de un kilo, ce qui allège la charge de quelques grammes.

De toute façon, de l'avis de Marie, c'est mon stock de chaussettes et de sous-vêtements qui pénalise mon poids total roulant, mais bon j'aime bien rouler les pieds et le … humm... reste au sec, donc compte tenu de la météo humide bien que chaude que nous avons rencontré sur le parcours, je persiste à croire que ce n'était pas un mauvais calcul

Capacité d’emport d’une Ural : Du côté postérieur, l’on remarque la boîte à bobos ; le sac étanche et à peine une cantine sur la roue de secours ; le jerrican ; les deux sacoches et le boudin de selle. Et si l’on aperçoit le sac de réservoir, même le KGB ne sait pas encore ce qu’il y a dans le panier vidé de son siège… Et ce qu’il y a dans le coffre ?

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M’enfin, je ressurgis sur terre une fois les caisses à outils remplies de tout ce qu’il me faut, y compris en terme de roulage indépendant s’il me faut revenir seul en cas de grosse casse qui me laisserait orphelin sur la route. Je viens de réaliser que l’Ural était à nouveau sur pied, moi qui n’ai pas roulé avec depuis un an. Je n’oublie pas la clé dynamométrique pour le resserrage de culasse à faire à Langres ou à la seconde étape (c’est 2kg supplémentaires, mais bon…)

 

Ca y est ! Alors, comme test véridique avant le départ, il y a eu le run de 7 km afin de retourner chez moi pour passer à la seconde phase : mon matos perso.

Allez, 7 km, c’est peu vu toutes les pièces changées et pas que des pièces de coin-coin, hein ? Le jeune ancien qui m’a réalésé le séparateur de l’alternateur (pour juste 10 euros…) me trouvait un brin inconscient… Il me dit : « Même pas 500 km, avant de… C’est où que vous partez, déjà ? ». La Hongrie ! Non, Monsieur, pas le temps ! Dis-je avec le plaisir de braver la logique. Un peu inconscient, mais quand même, je sais comment on a amené le remontage du bi. On n’a rien fait au hasard, juste la logique de la méca humble. Donc, ça devrait bien se passer.

Les 7 km me font à nouveau être dans la situation du débutant en Ural, celui qui sort juste de la concession. Première réflexion : Faut être pas très net ou hasardeux dans la gestion de son adrénaline pour conduire ça. Il part dans tous les sens. Je suis conscient que les amortos sont restés douze mois en plein extension et que les caoutchoucs sont un peu raides… Mais quand même ! Whaooooh ! C’est très présent comme engin sous les fesses et les mains ! Eeeeeet, c’est avec ça que je pars tout à l’heure ? Parce que maintenant, ça y est, on va vraiment partir. Tellement dans la continuité que je procède à l’autre étape sans même réaliser que j’ai - nous avons - accompli une opération de mécanique russe que l’on voit en général sur Dnepr-Ural.fr du côté des vraies anciennes !

Pas à pas. Ca revient ou c’est un processus permanent dans mon esprit ? Une capacité à dédier la concentration au mieux que je peux pour l’étape suivante ? Sûr !!! Autrement, t’avances pas.

Alors, je mets plus de 2 heures et demi pour faire mon packo. Je grignote un peu. J’veux juste dormir, mais je voudrais aussi juste rattraper le temps et rejoindre Guy et Marie déjà partis, déjà arrivés. Si loin je sais pas où, Agis connait la carte.

Guy, tabac pensif, juste arrivé à Langres. La 1100 Dragstar de Marie en premier plan avec sacs et sacoche et derrière le C1500.

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Maintenant, tout est dehors, étalé sur la pelouse. Faut caser, renier, préférer, se laisser aller, arranger, défaire, refaire, alléger, ne rien oublier, fermer la maison, être sûr de ne rien avoir oublié en matos techniques, comme de la logistique vestimentaire, administratif et financière. Rouvrir la maison, revérifier que rien n’est oublié, mais comment faire si la tête ne peut tenir le fil lucide ? Fermer à nouveau, se dire qu’il est vraiment temps de décoller, que cela ne changera rien s’il manque quelque chose. De toute façon, Marc est avec moi. Une bise à la visiteuse et on démarre.

J’adore entendre les deux Ural au ralenti pendant quelques minutes. Cela fait vraiment petit peloton en attente de l’ordre de marche. Ces machines sont pas ordinaires du tout…

Le premier décollage avec les deux Russes en ralenti commun sur la terrasse chez Marc reste un moment propre et scindé du reste : ce fut lorsque nous nous apprêtions à partir pour Berlin en 2009. Aucune route prévisionnelle, si ce n’était celle de 1989 parcourue avec le Ténéré. Ce moment pendant lequel les machines attendent est là parce qu’il faut se vêtir, fermer les zips, la baraque, ranger les téléphones. Il y a toujours l’un qui doit attendre l’autre, et le patient commence à rouler dans le flou de la route à venir, à penser ce moment.

Je me souviens que la portée musicale des deux twins ne s’apparentait finalement qu’à la préface d’une sortie à la fragrance de l’inconnue et de l’insouciance naturelle d’une envie vraie et « forestière ». Nous partions en paix avec le monde : alors pourquoi s’empêtrer de crainte ou d’appréhension ? Nous partions en Ural et chacun allait caresser et saluer un bout de sa vie à Berlin.

Alors, les deux Ural au ralenti, résonant sous la glycine, c’était comme un salut, un protocole d’avant départ. Un immanquable. Une évidence factuelle que le moment est là, et qu’il faut se hâter pour aller vers ce que nous cherchons : parcourir la voie.

Un détail : avec le son libre de mes 750cm3, Marc n’entendait pas son engin tourné. Ca allait devenir franchement sympa et récréatif…

Départ de Contres : 17265 km

Lundi 11 juillet 22h15 : Blois-Langres / 380 km

Ca y est, c’est le décollage, équipés comme il se doit pour la nuit de roulage devant nous. Marc, cependant a un pare-brise sur son Tourist et c’est pas mal pour le format nuit pleine en roulage. On retourne chez lui car il a oublié sa carte de sécu européenne et celle pour les auberges de jeunesse. Après seulement deux kilomètres, mon side louvoie grave alors que le guidon ne bouge pas. Inconduisible, casse-gueule et là, je me ramène à la raison : N’emmène pas un sidecar russe qui veut ! Surtout affaibli, fatigué et sans roulage depuis un an. La partie n’est pas jouée, l’engin n’est peut-être pas très sain… Ou alors, j’ai perdu le contact avec la machine.

On arrive chez Marc et je remarque qu’il y a un support de guidon qui est totalement libre… Je comprends. Je rigole même, rassuré que cela ne soit pas la fourche. C’est vrai que celle-ci avait été remontée… mais il y a un an… C’est loin. Un oubli. De plus, les Hagon sont raides.

C’est vraiment parti. On longe la Loire, c’est parti. Ce fameux voyage est devant nous à présent. ON Y VA !

Je reprends le chemin du chemin : rouler pour rouler à quatre dès demain matin. Je slalome un peu pour jouer et sentir le cœur de l’Ural et m’apprêter à passer treize jours –enfin plus que douze maintenant- hors de France, hors de ma ville, hors du boulot, hors du familier pour aller tâter des jours à partager. Je scintille.

On franchit la Loire et on monte un peu vers l’autoroute quand le moteur prend des tours fort dans la cote ?!!!!

Allez, j’ai le moteur à poil en transparence fantomatique devant les yeux devant la visière. Je diagnostique en me visualisant dans l’atelier chronologiquement le remontage minutieux.

Ainsi, je me revois mettre de la graisse en bonne dose sur l’arbre de boite à l’emmanchement dans le vilebrequin… Le câble d’embrayage n’est pas trop tendu. Test, ça wouïne et l’engin ne dépasse plus les 75 km/h… On s’arrête au péage, je dis à Marc que c’est mal barré et que les garnitures d’embrayage sont certainement couvertes de graisse fondue étalée par l’effet de centrifugation…

On se regarde, j’en ai un peu assez de la journée, j’ai envie de me reposer tranquille, d’aviser et de rectifier la tête fraîche. On part pour tester quand même sur l’autoroute et c’est de pire en pire : 2-3 % de pente et l’embrayage patine et suit la poignée de gaz. Je m’arrête donc cinq bornes après, sur la première aire. Ca sent les vacances sur le parking. Il y a le parking bien éclairé aux pompes et devant le magasin. Le reste sent le noir et la nuit devant nous et dans les yeux pour mon compte.

Alors, Marc me rejoint sur la gauche et me regarde interrogatif : Je mets les bras en croix et lui indique qu’à la prochaine sortie, je rentrerai et réglerai les choses demain. Il est déjà 23h15 et on a fait que 40 bornes. C’est qu’avec les 3800 qui nous attendent, c’est déjà un chemin intéressant.

Les customs sont en train de dormir à Langres et leurs pilotes de se restaurer à l’abri. Certainement aussi un peu concernés par la suite et par la nuit qui attend les Uralovitchs.

Je ne me souviens plus si Guy a appelé pendant que l’on commençait à ouvrir les boites d’outils, mais j’ai fait burner l’embrayage en 4ème tout frein actif, histoire de cramer de la graisse liquéfiée. J’en profite pour injecter –sans trop y croire- un dégraissant industriel de haute performance par l’orifice de la roue de démarreur. On n’y distingue que le volant et pas vraiment d’interstices pour y glisser la pipette pour accéder aux disques. Mouaiis ! C’est pas gagné. Du côté du trou de singe, c’est pas mieux, de la fumée sort directement et franchement. Ca a burné.

De plus le câble d‘embrayage est trop libre, trop de jeux. J’ai roulé sans surprise pendant à peu près 35 bornes et là, le câble pendouille sur la cocotte… Je sais plus où j’en suis, heureusement que Marc est là pour ramener les choses au plus lucide. Moi pour ma part, je produis du gris dans mon esprit. Mal au crâne. Marc est cependant inquiet : Il semble avoir les boules, car en premier lieu, le problème ne semble pas simple à résoudre. Evidemment que l’on ne va pas démonter la boite pour nettoyer.

Ma mamie me disait toujours : « Le mieux est l’ennemi du bien ! ». Surtout au moment crucial quand je peignais à la bombe le cadre de ma mob ou de l’YZ. Vous savez, la fameuse retouche que l’on tente pour parfaire l’aspect, et qui au final peau-d’orangise la surface.

Elle aurait pu me dire aussi : « Petit ! Regarder dans la culotte d’une fille, c’est comme regarder dans une boîte de chocolat, tu sais jamais vraiment sur quoi tu vas tomber. Depuis, j’ai toujours été ému devant une boîte de chocolat.

Et puis, de toute façon, le chocolat, même sans papier, ça se partage.

Marie

Ce soir là vers 23 h  avant de prendre la décision d’aller dormir je me décide a poser  la question que ma raison ou mon incompétence en mécanique me souffle depuis un moment . Je sais qu’ils sont capables de tout, les heures suivantes nous l’ont prouvé

"Que faisons nous demain matin, s'ils n'ont toujours pas réparé?"
Pas envie que le voyage s’arrête là !  pas envie de partir sans eux...et  c’est main dans la main, à la nuit tombante, sur une petite route aux pieds des remparts de Langres que j’ai acquis la certitude que demain serait le grand départ…qu’ils seront là avec plus ou moins de retard. Pour Guy, le voyage devait continuer, il était persuadé qu’ils sauraient nous rattraper quelle que soit la route…

Marc arrive avec deux cafés. Zwei grosse Caffee. Danke Schön. Le café sur la route, c’est un élément clé du voyage. Symbolique aussi s’entend. C’est comme le plein d’essence ou les mots d’échange sur le parcours accompli depuis le dernier arrêt. Enfin, je dirais que j’en garde une image fixe depuis Berlin. Un clin d’œil qui favorise l’appréciation car c’est un morceau familier d’une sortie moto. Bon, il y en a plein d’autres, des faits ou choses typiques, mais celui-là, c’est du bon. Même si certains cafés de station font rire le bac à vidange.

 

On redécolle et je sors à la prochaine sortie si nécessaire. L’horaire ? On s’en fout. L’on roule simplement jusqu’à l’arrivée à Langres pour le vrai départ. Celui à QUATRE.

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AEGIS : « Chat Bottage »

 

Moment d'angoisse ! Issu d'un monde ou « on ne laisse personne sur le terrain » hors de question de partir seul !

Pour le remontage moteur, pas de souci, au départ pour Berlin, on a démarré les préparatifs la veille et on était prêts à partir à H+4 (ou 5?), donc confiance.

Et puis on a perdu du temps sur l'allumage, la grande question était : « Faut-il que la lulute de l'oeil de Moscou s'allume ou s'éteigne lors du réglage ? » Réglé à fond, le moteur tournait au ralenti, mais impossible de mettre les gaz.

Le rotor (serti) ne bougeait pas d'un iota à la tentative de le faire tourner dans son sertissage,  d’où la décision de « rallonger » le trou oblong de la platine pour arriver à caler le point d'allumage. (L'avenir nous montrera que la découpe dans le rotor, miracle de la technique nucléaire russe, avait fait un saut dans l'espace temps pour se repositionner, sur les indications d'un gremlin ou d'un migou inconnu, hors de portée du capteur.)

Le migou chassé à grands coups de lime, décida alors de migrer vers l'embrayage. Tenaillé par la faim, ou cherchant à enduire ses blessures d'onguent, ce misérable profita alors de la graisse généreusement et amoureusement répandue par nos soins afin d'assurer un fonctionnement sensuel et onctueux de la mécanique avant d'aller écouter un disque de musique  d'embrayage russe.

Finalement la décision de lui chauffer les fesses couplée à la tentative de noyade et de gazage dans un diluant hautes performance, finit par le chasser dans le câble d'embrayage ou son compte fut réglé en même temps que la garde dudit câble.

En y repensant, j'ai non pas un regret mais presque mauvaise conscience d'avoir poussé mon binôme, malgré sa fatigue et les mauvais présages qui s'accumulaient à continuer. En fait j'aurais fait demi-tour avec lui. Le voyage étant un partage, que ce soit dans les bons ou les mauvais moments, impossible de partir sans son « frère de la forêt ». Bon les missions isolées en solitaire, c'est tout à fait dans mes cordes, mais là, le raid était prévu groupé « deux sides, deux customs ».

Allez, moins de paroles ! Ce qui a été écrit ci-dessus le fût un à deux mois après le périple en pays de l’Est. Maintenant. Cela fera bientôt deux ans et par obligations externes, j’avais laissé tomber car je voulais toujours trop détailler et du coup, je ne m’étais pas lancé. Je vais faire simple et on verra.

La B-Ka Style, c’est bon parfois, mais c’est dur à pondre à certains moments.

Ainsi, l’on va rouler dans le noir total en reprenant la même route que pour le chemin de Berlin.

Ce faisant, l’on va s’arrêter à notre première aire commune en formation d’Irbit pratiquée donc en 2009 pour la sortie allemande au Mur avec nos deux machines. Cet arrêt nous permet de replonger sans aide dans l’esprit de l’époque. C’est bienfaisant. On sourit tranquillement, reprenant quelques bribes du chemin long ?

Car, évidemment, repenser à Berlin nous amène à s’auto-paramétrer « raid-voyage » et… nous y sommes à nouveau et en plein dedans. Quelques anecdotes fusent. Sourires maxillaires et cérébraux. Ce, même si seulement 130 kilomètres viennent d’être accomplis, l’on sait que cette journée finira vers le petit matin. La moto semble bien avoir compris notre intervention et le plateau d’embrayage n’a pas été gommé. Ca sent fort l’huile cramée. Je reprends la route mais à l’idée qu’il nous en reste tant me rend stoïque ou plutôt figé…

Deux pleins d’essence impliquent quatre arrêts cafés-cochoncetés-cigarettes puis nous arrivons vers le bout de cette première étape. Conso à 6.86 puis à 7.37 pour ma part avec ces 100% de ruban. Marc tète le 9-10 litres aux 100. Je croise de fatigue. Les bouchons dans les oreilles, le casque Nolan de ’98 flotte et laisse la nuit et le roulage lent s’infiltrer. La portion Orléans-Montargis–Sens est vide de tout : Que du noir ; quelques lumières croisées ; quelques unes qui animent notre portion devant nous lorsque nous nous faisons doubler. Je ne l’aime pas. C’est une portion « pré-pénitentiaire », tellement l’on peine à basse vitesse. Le rythme fort du twin sur l’autoroute toujours à 85-90kmh, rarement à 95, je peine à tenir le guidon : la russe VEUT manger la bande latérale. Marc suit derrière… à l’écoute.

50-70 bornes avant d’arriver, je m’aperçois que lorsque je lâche le guidon, je pourrais tondre les bordures en trente mètres. Inconduisible. Que se passe-t-il ? Nous verrons tout à l’heure… C’est pas vraiment normal. Le châssis a été réglé consciencieusement hier. Pas d’anomalie clairement visible, le mystère Ural. Nous ausculterons à l’auberge.

Je m’endors plusieurs fois et comme le side braque à droite franchement, le guidon emportant le bras gauche avec vigueur vers l’avant, cela fait lever l’esprit, les yeux, le casque, le cœur, l’adrénaline. Plutôt efficace comme technique.

Voilà, on a eu Guy au tel lors de notre dernier arrêt. C’est là aussi qu’un gars nord d’Afrique, un papa, vient nous proposer un café chaud à prendre à son monospace avec sa famille. Il vient de Marseille et rejoint sa famille au Nord.

Il est venu spontanément alors que nous piétinions le trottoir d’en face à 10 mètres. Je pense au voyageur qui, bien équipé, croisant d’autres pèlerins sur la piste, vient proposer le thé et fruits secs pour colorer et assister la marche moins aisée, moins facile, moins confortable de ceux qui vont QUELQUE PART. Geste généreux et naturel, compatissant même, car celui qui tamise les chemins avec d’autres va quelque part lui aussi et, quelque soit sa destination ou finalité, comprend la solitude de l’autre. Mimétisme ? Quand l’autochtone accueille le routard, le rouleur pourrait se laisser aller à approcher ses congénères.

Peu importe, le froid du matin est là avec le froid de fatigue. Je tiens parce que nous sommes DEUX. Marc a un peu froid aux mains mais il peut toujours tenir sa cocaïne en rouleau. Il reste 01h00 et ce sera le petit déjeuner.

Le parcours n’en finit pas. Marc prend les commandes et nous arrivons sur Langres. Y a plus qu’à trouver l’auberge. Black KGB a eu les instructions. Au premier rond point, le side dont le défaut de géométrie s’accentue crescendo, me fait tirer la poignée gauche avec les deux mains pour ne pas taper le trottoir extérieur. Je peine tellement que je me crois sur un bateau d’aviron à mono pelle ! Faut vraiment finir, là !

Ainsi, nous remontons le chemin de l’auberge qui fait face à Langres, dégageant la vallée et l’horizon. Le soleil est là. Nous apercevons sur le plat du parking les deux motos normandes. 382 kilomètres dans la nuit et j’ai tellement peiné que l’impression est d’en avoir fait le double…

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Les deux Ural sont placés côte à côte. Les moteurs sont coupés. Les membres sont raides, le slip a ses élastiques plantés dans les fesses. Il n’a pas plu. Il fait frais mais nous sommes là. Marc me rejoint.

La formation des 4 amis étant coupée en 2 binômes distincts :

2 Japs-2 Russes / Un couple-2 frères de forêt / 2 roues-3 roues / 2 chasseurs-2 Transall / Normandie-Val de Loire.

Ainsi, le fait de descendre des sides sur le sol de Langres ferme un épisode. En effet, si nous sommes là en ayant rattrapé le retard, prêts à partir à 4, cela signifie bien que le voyage va donc pouvoir commencer, que tout est rentré dans l’ordre et que l’ambiance va pouvoir grandir.

L’inquiétude des Normands de ces derniers jours vis-à-vis des péripéties mécaniques des Blaisois et de mon Ural clôt l’incertitude qui devaient planer sur leur esprit : Vont-ils réussir à remonter le moteur et partir à temps ? Le voyage sera-t-il réalisable de manière complète, c'est-à-dire à 4 car brimé si autrement ? C’est fait. Pas sans mal et ma Douschka nécessite des contrôles et réglages impérativement avant de partir.

Nous sommes là aussi, après la nuit de roulage, Guy et Marie sont rassurés.

Le soleil me cingle la rétine tellement il est bas, mais le calme est très présent sur site de part aussi la terre matinale. Nous l’avons fait, nous sommes bien présents pour commencer ce voyage.

Un rire casse le silence : Guy et Marie sont à leur fenêtre. Guy, « 12 ans » s’exprime. Ses mots à la basse enfumée ne cachent pas son plaisir. Il a le timbre de voix clairement différent lorsqu’il exprime un vrai bien-être. C’est le propre de tout être, bien sûr, sinon la parole serait monotone, monocorde, monotruc, monoboule, bref un cauchemar, mais chez lui, les nuances me sont assez facilement perceptibles.

Nous ne sommes pas des coin-coin, le vrai commence.

Marie, à peine « 19 ans », nous convie à l’essentiel : Café, fromage, tartoches nous attendent avant toute chose.

Il est à peine 6h du mat’ quand les ural arrivent sur le chemin de la ferme sainte Anne. Les volets ouverts laaissent passer un magnifique soleil

Allez, vite un petit déjeuner et 1h30 à 02h00 de sommeil. Faut décoller.

382 km – 1 plein à 6.86 de 95 puis 7.37 de 98 (Autoroute)

 

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03 mars 2016

Nouvelle bécane

En rentrant du Portugal, il y a un peu plus d'un an, Titesquaw s'est mise à la recherche d'un 1100... pour moi. En effet, elle en avait marre de me voir galérer avec le 1500 Intruder (90 000 bornes en 6 ans quand même y compris, la Hongrie, Gibraltar et la Bosnie). C'est vrai que le 1500 était magnifique mais une vraie enclume sur route viroleuse (roue de 150 à l'avant et moto tombante de l'avant) et bien lourde au regard de mon gabarit. C'est Marco, un copain éleveur de chevaux de trait qui est parti avec en juillet dernier.
La nouvelle est un modèle 2004 qui avait.... 3500 kms au compteur (une moyenne de 350 km /an et déjà 2 propriétaires) et je confirme ce que Papy René et Titesquaw pensent de cette bécane, un très bel équilibre et une grand maniabilité. Un an 1/2 après, elle en est à plus de 16 000
Pour l'instant elle est stock (juste changé les pare-jambes, les sacoches (merci Aégis) et les poignées et fabriqué un tank panel dans une vieille peau de vache.. au printemps, il est prévu une nouvelle ligne d'échappement et une nouvelle selle...). Le grand top case permet d'emporter 2 glacières et 4 thermos
Il reste donc au garage, 2 dragstars 1100 et un 650...
celle qui est arrivée:

DSCF1770

celle qui est partie chez le copain Marco (éleveur de chevaux de trait du côté de Montargis)

 

49963103

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02 mars 2016

sourire d'actualité

2 images trouvées sur le net

ortho

invention du livre

 

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01 mars 2016

Retour

Des envies de poursuivre pour cela il va falloir terminer le récit du retour de Vienne en 2011. En 2012, nous devions partir en Croatie avec Norman et Mam, les Bretons du Morbihan. Un décès, le jour du départ, nous a contraint à l'annuler... et ce fut quelques jours plus tard, le Périgord avec une vraie découverte, le Relais des Sources, un vrai camping motard, entre Sarlat et Beynac.

La Croatie et la Bosnie avec les Bretons et Nono, ce fut en 2013, les albums photos  et les commentaires vont suivre.

En 2014, avec la même équipe, ce fut la descente du Portugal et une excursion jusqu'à Gibraltar. Le Portugal, des paysages mais surtout une population serviable, accueillante et pleine de gentillesse.

En 2015, ce fut un tour de Bretagne...

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Vienne - Budapest (Etapes 13 & 14- samedi 23 & lundi 25juillet 2011)

Langres - Blois  380 km

 

Après une journée de repos, le retour dans l'Oise se fera le lundi 25 juillet (ultime étape 14 : environ 300 km)

Un peu plus de 4500 km en 2 semaines

voila l'état des bottes

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Vienne - Budapest (Etape 12 - vendredi 22 juiilet)

Feldkirch - Langres  433 km

Une étape de galère sous une pluie diluvienne. Une arrivée de nuit. Merci au camion qui nous a accompagné (protégé?) les 50 derniers km

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